Mémoire et démocratie en Occident. Concurrence des mémoires ou concurrence victimaire

La société moderne a longtemps entretenu un rapport plus serein au passé qu’à l’avenir. Le récit du passé qui s’accumule dans les livres n’est-il pas cette chose inerte destinée à éclairer le présent ? Pourtant, litiges et controverses quant aux « vérités » que l’histoire prétend fonder ébranlent les certitudes.

L’une des conséquences de l’impuissance de l’histoire à asseoir ce qui serait une certaine vérité du passé, c’est d’attirer à elle ceux qui voudraient s’y inscrire rétroactivement en invoquant les injustices mémorielles dont ils auraient été victimes. Si l’histoire s’ouvre ainsi à tout venant, c’est que la société elle-même n’est plus certaine de son identité non plus que du parcours qui l’a conduite jusqu’à elle-même. Dans les sociétés contemporaines où s’achève cet éclatement de la référence collective, on observe ainsi l’encombrement des acteurs se précipitant au coeur de l’histoire espérant y inscrire la mémoire de leur propre parcours.

Contenu

Jacques Beauchemin: art30] : Introduction. Le rapport à l’histoire dans la société des identités. La dette mémorielle comme enjeu

Christian Rioux : Mémoire et histoire. Guerre à finir ou coexistence pacifique ?

Yvan Lamonde : La mémoire cicatrise-t-elle ?

Éric Bédard : Recours aux sources. Mes Aïeux et le Québec post-référendaire

Régine Robin : La réécriture du roman national est-elle possible en France ?

Paul May: art116] : Concurrence des mémoires et crise du récit national. Le cas des représentants de l’islam anglais

Peter Brown : Mémoire de passés, mémoire d’avenirs. Que se cache-t-il derrière le mot « pardon » ?

Magdalena Dembinska : Héros pour les uns, bourreau pour les autres. De la méfiance stéréotypée à la confiance.

Publié dans Collection Diversitas, Livres, Publications.