Jane Jacobs, Retour à l’âge des ténèbres, Montréal, Boréal, 2004, 236 p.

L’économiste et urbaniste Jane Jacobs s’est fait connaître au début des
années 1960 par un ouvrage aujourd’hui considéré comme un classique des études urbaines, The Death and Life of Great American Cities – traduit en français en 1992 sous le titre Les villes et la richesse des nations. Cet ouvrage a montré toute sa force et sa pertinence en matière de compréhension de la dynamique urbaine de l’analyse qu’on pourrait appeler « micro ». Ce type d’analyse des faits sociaux – par opposition à l’analyse de type « macro » qui manipule des agrégats statistiques – met l’accent sur les faits ordinaires de la vie sociale et urbaine. Les petites causes, en s’accumulant et en interagissant les unes sur les autres, finissent par produire de grands effets, ce qui échappe souvent aux prédictions des grandes théories et aux schémas abstraits qui, appliqués sans tenir compte de la réalité du terrain, débouchent souvent sur des catastrophes urbaines. Cette approche, J. Jacobs l’a défendue dans ses autres livres, au service d’une idée maîtresse : la prospérité et le bonheur des nations sont principalement fonction de la vitalité de leurs centres urbains.

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