Axes de recherche

Présentation

En regroupant de nombreux chercheurs d’envergure internationale dédiés à l’interdisciplinarité et qui ont fait de la diversité un objet d’étude central, la venue du CRIDAQ constitue une réalisation tout à fait exceptionnelle. Soulignons que nos recherches sur la diversité se font à partir de quatre grands axes : a) Nation, nationalisme et diversité ; b) Droit, institutions et aménagements des rapports intercommunautaires et c) Culture, pluralisme et société, d) Démocratisation, droits de la personne et transnationalisme. Il s’agit en d’autres termes de circonscrire la diversité sous les angles politique, juridique, culturel et social en privilégiant la démarche interdisciplinaire. Nous misons en outre sur la démarche comparativiste pour comprendre le Québec à partir de cas similaires comme par exemple la Catalogne, l’Écosse, la Flandre et la Galice ou d’institutions différenciées (pays fédéraux et non-fédéraux) ou encore d’expériences juridiques distinctes tel que le modèle moniste vs le modèle concurrent de régime civiliste et de common law. La programmation de recherche nous permettra des avancées théoriques et sera déterminante pour l’avenir des sociétés traversées par la diversité en ces temps d’instabilité politique et de quête de justice.

Axe I : Nation, nationalisme et diversité

Le problème de l’aménagement de la diversité dans l’espace politique se pose avec une acuité particulière lorsque coexistent plusieurs nationalismes sur le même territoire. Or, la vision dominante de la justice libérale est aujourd’hui insuffisamment outillée pour prendre en compte adéquatement la dimension plurinationale des sociétés modernes. Le CRIDAQ souhaite ouvrir des pistes ambitieuses de réflexion pour mieux étudier les endroits où la dimension nationale des conflits politiques est saillante. L’expérience fédérale canadienne et l’expérience québécoise seront bien évidemment au cœur des réflexions sur les rapports entre nationalisme et diversité. Parmi les cas de figure à explorer, il y a ceux de l’Écosse et du Royaume Uni, de la Flandre et de la Belgique, de la Catalogne et de l’Espagne, du Québec et du Canada.

Axe II : Droit, institutions et aménagement des rapports intercommunautaires

Le droit et les institutions politiques sont aujourd’hui plus que jamais sollicités dans l’aménagement des rapports intercommunautaires, qu’il s’agisse du droit constitutionnel ou du droit international. Le Québec et le Canada constituent des laboratoires privilégiés pour observer ce phénomène. En outre, au Québec, la théorie du droit a progressivement abandonné la vision stato centrique, longtemps dominante, pour embrasser une conception pluraliste permettant de reconnaître en dehors du droit étatique d¹autres sources effectives de normes. Ces études ont de surcroît acquis une dimension interdisciplinaire si bien que la sociologie, la science politique et la philosophie jettent aujourd’hui, avec les études juridiques, des regards croisés et complémentaires sur ces questions.

Axe III : Appartenances, pluralisme et société

Les chercheurs de cet axe analysent la société québécoise à partir du prisme de la diversité identitaire. Le pluralisme identitaire soulève notamment la question de la définition du « demos » et des politiques qui peuvent et doivent être mises en place dans les sociétés plurinationales et multiculturelles. L’enjeu consiste à aménager les intérêts des diverses communautés qui composent les nations contemporaines dans la perspective de la reconnaissance des droits individuels, mais également du respect des communautés historiques. La diversité doit se concevoir par-delà la dimension nationale, car elle touche à l’immigration, aux appartenances plurielles, aux représentations sociales, à l’éducation, à la citoyenneté, soit à un ensemble de facteurs qui définissent le « vivre ensemble » dans les sociétés contemporaines.

Axe IV : Démocratisation, pratiques citoyennes et collectivités minoritaires

Les chercheurs de cet axe s’intéressent à l’étude des pratiques par lesquelles les collectivités minoritaires (nationales ; transnationales ; ethnoculturelles ; linguistiques ; diasporiques ; etc.) redessinent leurs rapports avec l’État et les institutions publiques et proposent par leurs actions et leurs revendications une redéfinition des principes du vivre ensemble. Les enjeux politiques et normatifs de ces pratiques citoyennes seront considérés dans des contextes variés : que ce soit les politiques sociales et de redistribution de la richesse ou les politiques liées à la reconnaissance de droits collectifs (territoriaux ; culturels ; identitaires, etc.).